Rose Ouellette dite La Poune : Un nom associé au succès
Reine incontestée du théâtre burlesque, Rose Ouellette, a connu une longue et florissante carrière. Née en 1903, elle décède en 1996 à l'âge vénérable de 93 ans. Elle fait ses débuts à l'âge de 16 ans et elle connaît un grand succès avec le comédien et chanteur Paul Hébert. Le fantaisiste Olivier Guimond, père, la remarque et l'engage pour former un tandem avec lui. C'était l'époque des sobriquets et, pour le plaisir de la rime, Tizoune l'a appelée La Poune. Si on demande aux gens de 30 ans et plus qui était La Poune, ils diront d'emblée Rose Ouellette car l'artiste était reconnue de tous.
La télévision n'allait pas se priver de pareil talent. Rose Ouellette a incarné de fabuleux personnages dans des téléromans populaires comme Rue des pignons, Chère Isabelle et Les Brillant. Elle joua aussi dans cette série écrite par Georges Dor, Les Moineau et les Pinson. L'émission opposait deux familles de conditions sociales différentes : le milieu ouvrier et la bourgeoisie. La comédienne jouait avec grand succès Rose Moineau, femme du peuple, mère de Pit Moineau, interprété par Fernand Gignac hélas disparu lui aussi.
Le nom de La Poune s'est souvent retrouvé sur la marquise du Théâtre des Variétés de Gilles Latulippe. Au cinéma, elle était vive et très drôle dans l'Apparition de Roger Cardinal et Les aventures d'une jeune veuve de Roger Fournier.
Dans le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois, qui lui consacre une page complète, on peut lire : « ... son jeu survolté, son sens de la répartie et du rythme (...) font le bonheur d'un public nombreux. »
Pourtant, le burlesque a été longuement boudé par une certaine intelligentsia québécoise et Madame Ouellette en a souffert. Dans les milieux dits «bien branchés», où les snobs sont légion, on se moquait d'elle, statuant que le théâtre burlesque était un sous-produit culturel. Mais un jour elle prit sa revanche en jouant dans la pièce Un jour ce sera ton tour de Serge Sirois, au réputé Théâtre du Nouveau Monde, une institution considérée haut-lieu de la culture québécoise. Elle est apparue aussi dans les émissions les plus prestigieuses de Radio-Canada, dont le fameux Bye Bye de fin d'année.
Bref, comme Claude Blanchard, elle a fini par être acceptée dans tous les milieux parce que devenue incontournable. Il y a des gens plus grands que nature et Rose Ouellette est de ceux-là. Bien que décédée en 1996, elle demeure toujours présente dans nos esprits.
DERNIÈRE HEURE : Les abonnés de Vidéotron pourront revoir gratuitement le téléroman Les Moineau et les Pinson sur Prise 2 (Canal 95) lors du grand débrouillage du 1er au 31 mars 2009.
Royal du Perron
Par Roland Lachance le 12 décembre 2008, 23:55